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lundi 7 juillet 2014

"A comme aujourd'hui", David Levithan







Voici un roman plutôt audacieux et qui sort de l'ordinaire! 
         
A., âgé de 16 ans, n'est pas comme les autres ados : il change de corps, masculin ou féminin, tous les matins au réveil, et ce depuis qu'il est né. Le 5998e matin de sa vie, il se réveille dans le corps de Justin, un beau-gosse très arrogant. Cette journée s'annonce comme toutes les autres, une nouvelle vie à laquelle A. doit s'adapter, juste pour une journée. Seulement, ce matin là, A. (toujours dans le corps de Justin) rencontre Rhiannon, la petite amie de celui-ci, et c'est le coup de foudre! Alors qu'il essaie habituellement de ne pas perturber la vie de ceux qu'il occupe, A. enfreint ses propres règles et n'a désormais plus qu'une envie et raison de vivre : retrouver Rhiannon et partager d'autres moments avec elle...
          
Avec ce roman à la frontière du fantastique, David Levithan, réussi à nous tenir en haleine grâce l'intrigue amoureuse tout en abordant de nombreux sujets de société comme l'identité sexuelle, l'amour, l'adolescence, la religion, la famille, la maladie... L'auteur traite ces sujets avec beaucoup de finesse, de profondeur et de sincérité et la sobriété de son écriture rend l'ensemble vraiment agréable à lire. L'histoire, est impeccablement menée, à tel point qu'on pourrait vraiment croire en la possibilité d'existences telle que celle de A. Par ailleurs, riche de toutes les vies qu'il a vécu à travers les corps qu'il occupe, A. possède une expérience et une sagesse que peu d'ados de son âge connaissent. Un point fort qui permet à David Levithan d'exprimer, à travers la parole de A., ses propres réflexions sur des sujets qui lui tiennent à cœur.

Une ode à l'amour et à la tolérance qui mérite bien que l'on s'y attarde!



A comme aujourd'hui, David Levithan, Les Grandes personnes, 2013

mercredi 4 juillet 2012

"Mon frère, ma princesse" de Catherine Zambon



Un petit garçon de 5 ans, Alyan, se prend pour un fée. La fée Nayla (Alyan à l’envers) aimerait changer Alyan en petite fille car Alyan ne veut pas être un garçon. Il trouve les filles tellement plus belles, comme sa sœur Nina. Et puis les filles peuvent se maquiller, mettre des robes, écrire des poèmes et même jouer au foot si elles ont envie. Alyan peut seulement jouer au foot. Nina a mal pour son frère. Elle voudrait le défendre contre tous ceux qui se moquent de lui à l’école, mais elle ne s’attire que des problèmes. Un jour, Nina s’enfuit pour qu’enfin on écoute sa détresse et celle de son frère…
« Si tu t’envoles/ Je deviendrai nuage / Je t’emporterai et je te sauverai / Si on t’enterre / Je deviendrai…lapin / Je creuserai un terrier et je te sauverai / Si tu vas à l’eau…  / Je serai nénuphar / Et je te sauverai. / Mais dans le feu de l’enfer c’est moi seule qui irai. »
Traité sous la forme d’une pièce de théâtre, Mon frère , ma princesse est un beau texte sur la tolérance et la différence qui rappelle le film Ma vie en rose d’Alain Berliner. Des enfants cruels qui ne comprennent pas ceux qui ne leur ressemblent pas ; des parents dépassés, l’un qui dédramatise pendant que l’autre s’affole…
Les mots coulent simples et forts en même temps comme toujours dans les pièces de Catherine Zambon.

mardi 3 juillet 2012

"Enterrement d’une vie de cancre", Hervé Mestron

Bruno est ce qu’on appelle un cancre, un vrai. Sa principale occupation en classe est de faire le pitre, de faire marrer ses potes. Plus c’est lourd, mieux c’est. Plus il y a de zéro sur son bulletin scolaire, mieux c’est ! Bruno vit donc sa petite vie de cancre pénard dans son collège classé ZEP, lorsque débarque Madeline, la fille la plus étrange que Bruno aie jamais vu ! Démarche de robot, tenue gothique… Bref, « une cafetière italienne » selon Bruno. Pour couronner le tout, Madeline est une tête, avec une encyclopédie complète dans le cerveau ! Impressionné, Bruno ne moufte plus en cours, même, il commence à se demander si c’est pas Madeline qui a raison lorsqu’elle sort un jour en classe que « le savoir est une arme ». Intrigué, il décide un soir de la suivre en sortant du collège. C’est alors que Madeline est « enlevée » en pleine rue dans une grosse voiture noire… enfin, d’après Bruno, qui n’est pas au bout de ses surprises.
A première vue, on croirait à une banale histoire d’ado comme il en existe beaucoup. Un indécrottable cancre qui va changer pour l’amour d’une fille… Pourtant, au milieu de ce court roman, se produit un événement inattendu qui rend la lecture beaucoup plus intéressante et les personnages de Bruno et Madeline qui gagnent en profondeur.
Dans un ton léger et souvent drôle (l’histoire est racontée par Bruno), sont en fait abordés les thèmes du regard des autres et du handicap. Comment vivre avec ses semblables quand tout est fait pour qu’on vous fasse sentir que vous êtes différents ? Comment s’accepter quand on se sent en décalage total avec eux ?
Un roman qui se lit tout seul, pour tous, même les cancres !