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samedi 3 septembre 2016

"Quelqu'un qu'on aime" de Séverine Vidal

Lorsque Dixie annonce à Matt, son ex qu'elle n'a pas revu depuis des mois, qu'il est le père de la petite Amber âgée de dix-huit mois et qu'elle a besoin de son aide pour la garder le temps de quelques semaines, celui-ci est un peu pris au dépourvu (il y a de quoi!) En effet, il a déjà prévu de faire un long voyage avec son grand-père, Gary, atteint de la maladie d'Alzheimer, dans l'Ouest des Etats-Unis. Le but de ce voyage : partir à la recherche de ses souvenirs de jeunesse alors qu'il parcourait les routes à la suite de son idole de toujours, le chanteur Pat Boone. C'est leur voyage des "souvenirs vivants". Pourtant, après mûre réflexion, Matt ne le sait pas encore mais il va prendre la meilleure décision de sa vie : faire tout de même le voyage mais avec Amber dans leur bagages!
     
Et comme la vie est pleine de surprises et d'imprévus, Matt, Gary et Amber se retrouvent, grâce à une tempête de neige, en compagnie de deux âmes égarées : Antonia, une jeune femme qui cherche à changer de vie, et Luke, un adolescent qui a fuit son domicile pour d'obscures raisons. Toute cette équipe va donc devoir cohabiter pendant ce road trip qui s'annonce, pour le moins, épique! 
           
Séverine Vidal, signe avec Quelqu'un qu'on aime un roman optimiste et bouleversant! Avec un style tout à fait fluide, elle nous fait voyager sur les mythiques routes américaines en compagnie de personnages drôles, attachants et qu'on souhaiterait avoir pour amis. Le sujet est grave pourtant. La maladie de Gary, conscient de son aggravation, les notes qu'il écrit pour se souvenir, ses moments de joie presque "normaux" où la maladie semble loin, et ses moments sombres où il perd pied et se met en colère... tout cela est écrit avec une vraie justesse, touchante et sans aucune lourdeur grâce à la plume légère et habile de Séverine Vidal. Car c'est un livre qui parle avec douceur de ceux qu'on aime, des amis, des amours, de la famille, de ceux qu'on a perdu mais aussi de ceux que l'on rencontre sur la route. Une belle métaphore de la vie en somme. Celle-ci peut s'avérer décevante, autant qu'éblouissante, douloureuse un jour, et plus douce un autre jour, comme le voyage que font tous ces personnages, à la recherche du temps perdu de Gary. C'est beau, émouvant, ce livre donne envie d'aimer et surtout de dire à ceux qu'on aime qu'ils sont précieux à nos yeux. A ne pas manquer, quelque soit l'âge qu'on a!

"Il y repensera en regardant cette photo, qu'il gardera toujours, pliée en deux, dans son portefeuille. Il y repensera quand il aura l'impression bizarre que ce moment n'est jamais arrivé. C'est le présent qui est fragile ; il disparaît, il n'existe pas. […] Il voudrait garder ce moment, le retenir. Mais il ne peut pas, le présent file et c'est comme ça, alors Luke serre la main de Gary, falaise fragile qui attend, en retenant son souffle, le prochain tremblement de terre" 

Quelqu'un qu'on aime, Séverine Vidal, Sarbacane, "Exprim'", 2015

mercredi 4 novembre 2015

"Ma mère, le crabe et moi", Anne Percin

Anne Percin, je la retrouve toujours avec beaucoup de plaisir. Elle aborde n'importe quel sujet avec ce mélange de gravité et de pep's, d'émotion et d'humour, qui fait que même un roman qui traite d'un sujet grave, comme le cancer, est un plaisir. Dans Ma mère, le crabe et moi, l'héroïne, Tania Michaud, une "adote" de 14 ans, apprend en effet que sa mère est atteinte du cancer du sein. Jusque là, Tania se fichait un peu de sa mère - avec qui elle vit seule depuis le divorce de ses parents - se moquant allègrement de son blog "Lectures&Confitures" et de la vie qu'elle s'invente dessus! Mais tout change lorsqu'elle découvre la maladie de celle-ci. Tania, malgré la peur, commence à considérer sa mère sous un autre angle, l'admire même, et parvient à relativiser sur pas mal de choses. En deux mots : elle grandit.

En moins de 130 pages, Anne Percin nous raconte cette transformation pour la mère, évidement, mais aussi pour la fille. L'incompréhension, la colère, la tristesse, le courage et la combativité sont bien présents et racontés avec beaucoup de mordant ainsi qu'un langage très oral et imagé qui fait oublier la gravité du sujet sans pour autant le prendre à la rigolade! Drôle et juste, ce roman attachant est une belle leçon d'optimisme!


Ma mère, le crabe et moi, Anne Percin, éditions du Rouergue, 2015